La fête de Saint-Hilaire

A cause de l'acceptation des règles
C'est en acceptant les règles qu'on peut se référer à Saint-Hilaire. Cette mise en perspective permet de prendre conscience que, parmi les sept fêtes de l'Ordre Illustre de la Stricte Observance, la Saint-hilaire est célébrée en quatrième position, le 14 janvier. Cela vient du fait que Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau, appelé communément baron de Hund, fut l'instigateur et le « père » philosophique de la Stricte Observance. Il rédigea, avec trois associés, les textes primitifs et fit célébrer l'acceptation des Règles présentées par Hugues de Payens (ou Payns), au concile de Troyes, « l'an de l'Incarnation du Fils de Dieu 1128, le 9 ème de la fondation de la susdite chevalerie, à la fête de Saint-Hilaire » . C'est donc bien Hugues de Payens, né au château de Payns (près de Troyes) en 1070, mort en 1136, fondateur de l'Ordre du Temple en 1118 (ou 1119), qui élabora la règle primitive devant régir l'Ordre.
En fêtant la Saint-Hilaire, les frères et sœurs prennent conscience que ce saint est aux origines de tous les statuts et règlements de la Stricte Observance. Cette référence doit les motiver à l'acceptation totale des règles qui sont : le silence, l'obéissance, la fraternité d'armes, la tolérance, la dévotion totale à Dieu, être de bonnes mœurs, l'assiduité, la stricte observance des dites règles et la stricte obédience aux supérieurs de l'Ordre. Autant d'éléments qui règlent la vie et la liberté du maçon de franche pierre.
Saint-Hilaire naquit à Poitiers, en Aquitaine, l'an 315, de parents riches et nobles. Son père était sénateur de l'Empire romain et lui fit faire de bonnes études. A l'âge adulte, il prit épouse et eut une fille Abra. Nommé évêque en 350, il est surtout connu pour sa lutte contre l'arianisme, en 355. L'arianisme combattait l'unité et la consubstantialité des trois personnes de la Trinité et soutenait que le Verbe, tiré du néant, était très inférieur au Père. Il regardait Jésus-Christ comme essentiellement parfait, mais il niait sa divinité. Cette doctrine, prêchée vers l'an 323, par Arius, prêtre rattaché à l'Église d'Alexandrie, fut condamnée au concile de Nicée (325).
Entre 356 et 360, Saint-Hilaire, pour approfondir sa foi et rédiger un traité sur la Trinité, s'exila en Phrygie (Asie Mineure). Il fut considéré comme le premier «docteur» de l'Église latine d'Occident par le pape Pie IX en 1852. Il «reposa en paix, plein de vertus,» le 13 janvier 367.
De nombreux miracles lui sont attribués, d'après la Légende dorée de Jacques de Voragine. «Quand il sentit que sa fin approchait, il appela Léonce, un prêtre qu'il aimait beaucoup. [...] Il éclata dans la chambre une très grande lumière, telle que les yeux du prêtre ne pouvaient la supporter. Et la lumière alla en s'affaiblissant peu à peu, et au moment qu'elle disparut, Hilaire trépassa en Notre-Seigneur.»
Son disciple fut saint Martin de Tours qu'il installa à Ligugé en 361. Mais la dévotion à Saint-Hilaire commença avec Clovis, roi des Francs (481-511), qui demeura très attaché à l'église Saint-Hilaire de Poitiers, remontant au tout début du VI ème siècle. «Alors que le roi Clovis, parvenu près de Poitiers, veillait dans sa tente, un globe de feu, issu de la basilique de Saint-Hilaire, vint se placer au-dessus de lui, comme pour l'inciter à combattre plus hardiment» (Grégoire de Tours) (1).
L'église fut placée sous le triple patronage des comtes de Poitiers, ducs d'Aquitaine, des rois de France (qui en étaient abbés laïcs) et, à partir de 1704, du pape.
Dans son traité «De Trinitate» (livre 12, chapitre 5) se trouve la prière de Saint-Hilaire : «Que je garde toujours ( Seigneur) ce que j'ai affirmé dans le symbole proclamé lors de ma nouvelle naissance, lorsque j'ai été baptisé dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit».
Ainsi Saint-Hilaire peut être considéré par la Stricte Observance comme un « frère » absent mais invité aux fêtes d'obligation de l'Ordre.
(1) Évêque de Tours, théologien et historien (538-594). Son principal ouvrage, Histoire des Francs , renferme de précieux documents sur l'époque mérovingienne .
LES SEPT FETES DE L'ORDRE
Il est usage de célébrer tous les ans les sept fêtes de l'Ordre :
La Fête de la Trinité, à cause de l'institution de l'Ordre.
La Fête de la Saint-Jean à cause de la restauration de l'Ordre.
La Fête de Saint-Jacques à cause du bienheureux Jacques de Molay.
La Fête de Saint-Hilaire à cause de l'acceptation des règles.
La Fête du bienheureux Hugues de Paganis, fondateur de l'Ordre.
La Fête en mémoire de la défaite de Tibériade le 20 Juillet 1187.
La Fête de Sylvestre de Grumbach, Maître Provincial en Allemagne.
Ainsi qu'un service funèbre pour le repos de l'âme de Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau, le 8 novembre (1776), jour anniversaire de sa mort.